En 2022, alors que la majorité des banques françaises fermaient la porte aux comptes liés aux crypto-monnaies sous prétexte de blanchiment, quelques établissements, souvent étrangers ou spécialisés, se sont engouffrés dans la brèche avec des offres tournées vers les actifs numériques.
Des signaux faibles percent, timidement, chez certains grands établissements bancaires. Sous l’effet d’une clientèle pressée d’avancer, quelques banques aménagent leur discours et desserrent légèrement l’étau. Mais dans la pratique, la majeure partie du secteur reste sur ses gardes, restreignant ou bloquant sans détour les virements vers les plateformes d’échange. Résultat : la réalité dépend du client, de ses projets et de la banque sur laquelle il s’appuie. Ici, rien n’est aussi simple que dans une brochure. Tout se discute, chaque cas s’arrache.
Où en sont les banques françaises face aux crypto-monnaies ?
La prudence domine toujours dans l’univers bancaire hexagonal. Les grandes banques, ancrées dans leurs habitudes, se méfient ouvertement des crypto-actifs. Pourtant, un acteur fait exception : Société Générale, à travers sa filiale Forge, a obtenu le statut de prestataire de services sur actifs numériques (PSAN) délivré par l’AMF. Cette avancée offre à Forge la possibilité de proposer à une clientèle institutionnelle des services sur-mesure autour de la conservation et du règlement-livraison d’actifs numériques.
Du côté de la banque de détail, le mouvement reste modeste. Boursorama (ex-Boursobank) et les géants bancaires n’ont pas sauté le pas : pas d’offre crypto ouverte à tous. Pour les particuliers, les restrictions pleuvent : virements vers les plateformes d’échange filtrés, surveillés, parfois simplement bloqués, toujours sous couvert de lutte anti-blanchiment. Pour l’instant, on reste loin d’un véritable accueil des cryptos.
Face à cette frilosité, de nouveaux visages émergent. Deblock, reconnu PSAN, s’adresse clairement aux entrepreneurs et professionnels de l’écosystème. Sa plateforme facilite les flux entre monnaies fiat et crypto-actifs, une première en France pour ce type de structure agréée. Son positionnement tranche nettement avec celui des grandes institutions.
En somme, l’Hexagone ne compte encore que quelques précurseurs « crypto-friendly » et quelques spécialistes dédiés. Les investisseurs doivent garder l’œil ouvert : tout évolue au rythme d’une réglementation qui change vite, et seuls les prestataires PSAN peuvent garantir une véritable conformité avec les attentes de l’AMF.
Banques traditionnelles, néobanques et plateformes : quelles différences pour les investisseurs ?
Les banques traditionnelles restent le bastion de la sécurité : réglementation stricte, agence physique, offre complète de produits bancaires classiques. Mais la flexibilité s’évapore dès que la crypto entre en jeu : virements vers les plateformes contrôlés, blocages ponctuels, impossibilité de gérer un portefeuille de crypto-monnaies custodial directement depuis son compte courant. Les clients en quête d’agilité restent souvent sur leur faim.
Du côté des néobanques, l’ambiance change. Sur ces nouveaux outils entièrement digitaux, on découvre une appétence marquée pour les usages innovants. En France comme en Europe, certaines acceptent l’achat, la dépense ou le transfert de cryptos via leurs cartes de paiement. Mais attention, chaque fintech pose ses propres limites : provenance des fonds, nature des transferts, tout est scruté à la loupe.
Pour profiter d’une gamme étoffée autour des crypto-actifs, l’essentiel des investisseurs opte encore pour les plateformes spécialisées. Ces acteurs permettent d’acheter, d’échanger et de stocker différentes cryptomonnaies avec une réactivité sans commune mesure. Ils misent sur des interfaces pensées pour le trading en temps réel, des applications mobiles accessibles, mais la sécurité dépend toujours de la réglementation en vigueur dans leur pays d’enregistrement.
Pour résumer les différences majeures, il faut garder en tête les points suivants :
- Banques traditionnelles : sécurité maximale, mais offre crypto quasi inexistante.
- Néobanques : davantage d’innovation, ouverture partielle sur la crypto, mais règles parfois fluctuantes.
- Plateformes d’échange : rapidité, spécialisation, exposition à un cadre réglementaire évolutif.
Quels établissements acceptent concrètement les opérations liées aux crypto-actifs ?
Pour les clients désireux d’acheter ou de vendre des crypto-actifs depuis la France, le paysage reste très fragmenté. Les banques historiques conservent une ligne dure : selon l’établissement, un virement vers une plateforme spécialisée sera validé, surveillé ou refusé net. Les acteurs « crypto-friendly » restent rares, la majorité des clients doivent prendre leur mal en patience ou explorer des alternatives hors du circuit classique.
Certaines institutions sortent tout de même du lot. Société Générale, via sa filiale Forge, assume un positionnement de référence dans l’accompagnement institutionnel. Pour les particuliers, les portes restent closes ou à peine entrouvertes.
Chez les banques en ligne, Boursorama tolère quelques virements vers des plateformes référencées, dans la limite fixée par sa politique interne. Deblock, fintech française agréée, propose quant à elle un pont direct entre euro et crypto, via son agrément PSAN. Mais ces exemples restent peu nombreux à ce jour.
À l’international, certains pays avancent plus vite. L’Allemagne compte désormais plusieurs banques ouvertes aux opérations sur crypto-actifs, sous supervision de la BaFin. En Lituanie, des établissements facilitent les transactions crypto, stimulés par une Banque centrale plus souple. Pourtant, les particuliers français continuent majoritairement de passer par des plateformes spécialisées, qui restent la solution la plus simple pour garder le contrôle et la sécurité sur leurs opérations en crypto.
On peut résumer les tendances du moment ainsi :
- Banques classiques : flux crypto scrutés, restrictions fréquentes.
- Néobanques et fintechs : quelques ponts opérationnels, souvent réservés à certains profils.
- PSAN français : passage obligé pour toute offre crypto sérieuse sur le territoire.
Comment choisir la solution bancaire la mieux adaptée à votre projet crypto ?
Construire une stratégie autour des crypto-monnaies commence par un choix clair : quel est le but ? Est-ce pour du trading actif sur bitcoin, ethereum ou d’autres altcoins ? Pour faire croître un patrimoine via d’autres actifs financiers ? Pour expérimenter la DeFi ou sécuriser simplement une somme sur un portefeuille custodial ?
Le service client, la rapidité de traitement des virements et l’ergonomie des interfaces pèsent lourd dans la décision finale. Les banques classiques privilégient les vérifications systématiques, avec des délais incompressibles. De leur côté, néobanques et fintechs misent sur la réactivité, parfois au prix d’une offre bancaire plus réduite en dehors du segment crypto.
Le choix peut aussi dépendre de critères techniques : certaines applis bancaires s’interfacent directement avec les grandes plateformes, d’autres imposent des manipulations manuelles. Examiner la gestion multi-devises, la clarté sur les frais, ou la disponibilité d’outils de suivi de marché fait aussi partie du parcours.
Pour évaluer la solution la plus pertinente, quelques critères s’imposent :
- Pour les traders actifs, privilégier un établissement qui autorise des virements rapides et propose une app mobile efficace.
- Pour ceux qui veulent sécuriser un patrimoine, choisir une solution offrant un wallet custodial régulé sur le sol européen.
- Pour les investisseurs sur le long terme, vérifier la disponibilité des grands projets (bitcoin, ethereum, NFT, solana…).
Face à une réglementation mouvante et une innovation constante, la maturité de la banque, son enregistrement PSAN et son aisance à s’adapter feront toute la différence. Sur ce terrain en perpétuelle mutation, une décision bien informée reste le meilleur bouclier contre les mauvaises surprises.


