Depuis 2019, tout détenteur de comptes d’actifs numériques ouverts à l’étranger doit les déclarer au fisc, même sans aucun mouvement ou gain réalisé. La vente d’un bitcoin contre un bien ou un service, même modeste, déclenche une obligation fiscale au même titre qu’une cession importante sur une plateforme.La législation distingue clairement les opérations occasionnelles des activités professionnelles, soumettant chacune à des régimes distincts. Le non-respect de ces obligations expose à des sanctions sévères, incluant amendes et redressements. Les règles s’appliquent aussi bien aux échanges crypto/crypto qu’aux conversions en monnaie traditionnelle.
Comprendre pourquoi déclarer ses gains en cryptomonnaies est indispensable
Déclarer ses gains issus des cryptomonnaies, ce n’est pas simplement cocher une case de plus lors de la déclaration annuelle. Il s’agit d’un impératif qui touche chaque membre du foyer fiscal, quel que soit le volume des transactions. L’administration ne laisse rien au hasard : un compte ouvert à l’étranger, même inactif, doit apparaître noir sur blanc sur la déclaration de revenus. Sans cette mention, la sanction tombe : 750 euros d’amende par compte non déclaré, un montant qui grimpe à 1 500 euros pour les plateformes logées dans des pays peu coopératifs.
La logique est limpide : mentionner ses comptes crypto et les plus-values issues des cessions d’actifs numériques permet au fisc d’appliquer la flat tax (prélèvement forfaitaire unique de 30 %) ou le barème progressif de l’impôt sur le revenu, selon le cas. Chaque vente contre euros, chaque paiement via bitcoin ou ethereum, doit être signalé dans la case prévue à cet effet.
Le plus anodin des oublis, un compte, une opération, même minime, peut suffire à déclencher un contrôle. Les outils de traçabilité sur la blockchain ont transformé la donne : l’administration fiscale suit désormais les flux avec une précision redoutable. Plus question de considérer la fiscalité crypto comme un domaine réservé aux initiés : quiconque détient des actifs numériques est désormais concerné, peu importe l’ampleur de ses investissements.
Quels revenus issus des cryptomonnaies doivent être déclarés au fisc ?
Les revenus liés aux cryptomonnaies dépassent largement les seules plus-values sur la vente de bitcoin ou de jetons vedettes. Dès qu’une opération génère un gain, quelle que soit la plateforme, le fisc veut en connaître la teneur.
Que faut-il inclure dans la déclaration ?
Voici les principaux types de revenus ou opérations à prendre en compte lors de la déclaration :
- Plus-values sur la vente ou l’échange d’actifs numériques contre une monnaie officielle.
- Paiements en cryptomonnaie pour des biens ou services : chaque transaction de ce type est soumise à imposition.
- Opérations réalisées de façon répétée : si l’activité devient récurrente, le régime des bénéfices commerciaux (BNC) s’applique, et non celui du particulier.
- Moins-values : elles doivent être reportées également, mais ne s’imputent que sur les plus-values de même nature réalisées la même année.
La distinction entre investisseur ponctuel et professionnel dépend du rythme et du volume des transactions. Un enchaînement d’opérations structurées peut faire basculer vers le statut de commerçant, avec une fiscalité beaucoup plus contraignante.
Stablecoins, jetons d’investissement, tout est concerné. Les gains issus d’activités comme le minage ou le staking sont aussi encadrés par des règles précises, souvent rattachées au régime des bénéfices non commerciaux.
En pratique, toute opération qui modifie la valeur du patrimoine numérique doit être considérée comme potentiellement imposable. La clarté de la blockchain a permis à l’administration fiscale de resserrer son filet : aujourd’hui, chaque flux est analysé, chaque mouvement peut être retracé.
Étapes clés pour remplir correctement sa déclaration de cryptomonnaies
Identifier les opérations à déclarer
Remplir sa déclaration avec sérieux commence par un inventaire précis : ventes, conversions en euros, paiements en crypto… rien ne doit échapper à ce recensement. Pour chaque opération, il faut noter le prix de cession, la date et le type d’actif concerné.
Remplir les bonnes cases et annexes
Lors de la déclaration en ligne, on accède à la rubrique dédiée aux plus ou moins-values sur actifs numériques. À ce stade, il faut renseigner :
- Le montant total des cessions sur l’année civile
- Le prix d’acquisition global des actifs cédés
- Les moins-values à déclarer, le cas échéant
Pour chaque transaction, le calcul s’effectue en soustrayant le coût d’acquisition global du prix de vente. Le résultat est à reporter dans la case 3AN pour les plus-values, ou 3BN pour les moins-values.
Déclarer les comptes ouverts à l’étranger
Tout compte détenu sur une plateforme étrangère doit être signalé via le formulaire 3916-bis. Cette exigence s’étend à tous les membres du foyer fiscal, mineurs compris. Il faut cocher la case prévue dans le formulaire principal pour éviter toute omission.
La traçabilité des transactions impose de conserver soigneusement les justificatifs : relevés d’opérations, historiques fournis par les plateformes, rapports détaillés. Cette précaution limite les risques d’erreur et prépare en cas de contrôle fiscal.
Quand et pourquoi solliciter un expert pour éviter les erreurs fiscales ?
La fiscalité des cryptomonnaies devient vite complexe : multiplication des plateformes, opérations en staking ou yield farming, calculs de plus-values… Un faux pas peut coûter cher. Certains profils ont tout intérêt à se tourner vers un expert-comptable ou un conseiller spécialisé, surtout lorsque les opérations se multiplient ou que les montants deviennent conséquents.
À quel moment consulter ?
Voici quelques situations pour lesquelles il est judicieux de recourir à un professionnel :
- Accumulation de transactions et utilisation de plusieurs exchanges.
- Déclarations qui impliquent des opérations de staking, yield farming, ou l’usage de protocoles DeFi.
- Patrimoine numérique de grande valeur ou cessions importantes.
- Changement de résidence fiscale, ou détention de comptes crypto hors de France.
La flat tax à 30 % s’applique dans la majorité des cas, mais certaines situations relèvent du barème progressif de l’impôt ou du régime BIC pour une activité professionnelle. Le bon choix ne s’improvise pas, et prendre en compte les prélèvements sociaux évite de mauvaises surprises.
Un expert suit l’évolution des textes, sécurise la déclaration, guide sur chaque justificatif et chaque subtilité liée à la détention ou la cession d’actifs numériques. Son accompagnement devient vite le meilleur garde-fou face au risque de redressement fiscal.
Déclarer ses gains en cryptomonnaies ne laisse plus de place à l’approximation. À l’heure où la transparence s’impose et où la fiscalité s’adapte à l’innovation, la rigueur s’impose. Ceux qui anticipent gardent l’esprit tranquille ; les autres prennent le risque de voir leur portefeuille numérique scruté à la loupe.

